Qu'est-ce que le torticolis congénital?
Quand on devient parent, on reçoit énormément d'informations sur la santé de son bébé. Le torticolis congénital est un problème assez fréquent chez les nourrissons, mais de quoi s'agit-il exactement?
Est-ce que le torticolis congénital est la même condition qu’un torticolis chez les adultes?
Le torticolis congénital est différent du « torticolis » que les adultes peuvent ressentir après avoir dormi dans une mauvaise position. Chez le nourrisson, il est généralement causé par un raccourcissement ou un raidissement d'un muscle du cou, appelé le muscle sterno-cléido-mastoïdien. Ce muscle plus tendu fait en sorte que la tête du bébé est inclinée d'un côté, tandis que son visage est tourné vers l'autre côté.
La cause la plus fréquente serait la position du bébé dans l'utérus pendant la grossesse, surtout lorsque l'espace est plus restreint (par exemple lors d'une première grossesse). Plus rarement, d'autres anomalies peuvent aussi être responsables d'un torticolis.
Est-ce que le torticolis congénital est fréquent?
Oui, près de 4 % à 16 % des nouveau-nés en sont atteints. Il s'agit de l'une des anomalies musculo-squelettiques congénitales les plus fréquentes.
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de développer un torticolis, notamment une première grossesse, un espace limité dans l'utérus pendant la grossesse, certains accouchements plus difficiles, la présence d'une plagiocéphalie (aplatissement de la tête), qui est étroitement liée au torticolis et notamment la longueur corporelle du bébé. De plus, comme les nourrissons bougent encore peu, ils peuvent passer beaucoup de temps dans la même position, ce qui peut aussi favoriser son apparition.
Comment reconnaître un torticolis chez mon bébé?
Tu pourrais remarquer que ton bébé préfère presque toujours regarder du même côté, autant lorsqu'il est éveillé que lorsqu'il dort, qu’il penche souvent la tête du même côté; qu’il tourne moins facilement la tête d'un côté que de l'autre ou qu’il présente un aplatissement de la tête (plagiocéphalie).
Dans certains cas, un professionnel de la santé peut sentir une petite bosse dans le muscle du cou. Selon la sévérité du torticolis, le bébé peut aussi développer des postures compensatoires, par exemple au niveau des épaules, du tronc ou du reste du corps.
Quand consulter pour un torticolis congénital?
Il est recommandé de consulter dès que tu remarques que ton bébé présente un ou plusieurs des signes décrits ci-dessus et il n’est jamais trop tôt, le physiothérapeute peut intervenir dès les premiers jours de vie!
Pour obtenir des services dans le réseau public, une prescription médicale est généralement nécessaire. De plus, tu peux consulter directement un physiothérapeute pédiatrique en clinique privée, sans prescription médicale. Une prise en charge précoce est importante puisque plus le traitement commence tôt, plus il est généralement court et efficace. Les études actuelles démontrent que :
- Début du traitement avant 1 mois : 98,6 % des nourrissons avec torticolis congénital (CMT) obtiennent de bons résultats après en moyenne 1,5 mois de traitement.
- Début entre 3 et 6 mois : durée moyenne 7,2 mois, avec 62 % obtenant de bons résultats.
L'objectif du traitement est de permettre au bébé de retrouver une bonne mobilité du cou et de favoriser un développement symétrique de la tête, du visage et du cou.
Peut-on prévenir le torticolis chez le bébé?
Quelques habitudes simples peuvent aider à réduire le risque :
- Favoriser le temps sur le ventre (tummy time) chaque jour et ce dès les 2 à 3 premiers jours de vie lorsque le nourrisson est éveillé, avec supervision.
- 3-5 minutes chaque fois jusqu’à 15-30 minutes/ jour à 7 semaines de vie
- Minimum 30 minutes par jour à 6 mois
- Encourager ton bébé à tourner la tête des deux côtés pendant les périodes d'éveil;
- Alterner le côté où tu places ton bébé sur la table à langer;
- Varier les positions de jeu;
- Porter ton bébé parfois d'un côté, parfois de l'autre, afin qu'il tourne naturellement la tête des deux côtés;
- Limiter le temps passé dans les coquilles d'auto, balancelles,
« babybjorn », sièges de toutes sortes ou autres équipements où la tête reste longtemps dans la même position.
Sources :
- Sargent B, Coulter C, Cannoy J, Kaplan SL. Physical therapy management of congenital muscular torticollis: a 2024 evidence-based clinical practice guideline from the American Physical Therapy Association Academy of Pediatric Physical Therapy. Pediatr Phys Ther. 2024;36(4):370-421. doi:10.1097/PEP.0000000000001114
- Han MH, Kang JY, Do HJ, et al. Comparison of clinical findings of congenital muscular torticollis between patients with and without sternocleidomastoid lesions as determined by ultrasonography. J Pediatr Orthop. 2019;39(5):226-231. doi:10.1097/BPO.0000000000001297
- Do TT. Congenital muscular torticollis: current concepts and review of treatment. Curr Opin Pediatr. 2006;18(1):26-29. doi:10.1097/01.mop.0000192520.48473.44
- Van Vlimmeren LA, Helders PJM, van Adrichem LNA, Engelbert RHH. Torticollis and plagiocephaly in infancy: therapeutic strategies. Pediatr Rehabil. 2006;9(1):40-46. doi:10.1080/13638490500235660
- Aarnivala HE, Valkama AM, Pirttiniemi PM. Cranial shape, size, and cervical motion in normal newborns. Early Hum Dev. 2014;90(8):425-430. doi:10.1016/j.earlhumdev.2014.05.009


